mercredi, juillet 27, 2005

Fourmies

Le Nord, pas très loin de la Belgique. Je tourne un moyen métrage, oeuvre de deux jeunes réalisteurs talentueux et farfelus, tout pour me plaure. Ilsq tournent un film en noir et blanc, muet. ce qui n'empêche la présence d'un preneur de son et d'un assistant qui hurle silence on fait un son seul quand la tempête rugit et secoue les bâches du chapiteau où nous tournons. Que la vie est belle ! Nous logeons dans une institution confessionnelle. Vacances. Règne une odeur de sacristie, de vieux chêne et de canalisations bouchées. Cantine bruyante comme toutes les cantines, avec des murs réverbérants, des tables réverberantes, un sol réverbérant. On ne s'entend plus. Alors on parle plus fort, le bruit augmente. On ne s'entend plus. Alors... etc. On comprend que ce bruit transforme de jeune collégiens en démons et des incarcérés en tueurs. Puis le calme d'un petit parc. Matin de pluie. je me promène et avise une plaque commémorative dédiée aux morts des deux guerres. La région a payé de son sang et de sa chair sa position géographoique. Deux listes presque égales. Dans l'ordre alphabétique. Egalité devant la mort ?
Coluche disait : Tous les hommes sont égaux mais il y en a qui sont plus égaux que d'autres...
En haut de chaque liste, l'ordre alpabétique semble supplanté par les Ordres. Sans respect pour l'alphabet le nom de sept abbés en tout ouvre les listes. Aumôniers ou soldats sans doute morts glorieusement mais faut-il une hiérarchie dans le sacrifice ? Les victimes d'attentats seront-ils classés selon leur appartenance sociale ? Au dessus des listes funêbres un Christ douloureux. Tous les hommes sont frères, semble-t-il dire.
Certains sont plus Frères que d'autres, voilà tout...

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