dimanche, juillet 08, 2007

Culture bis

Un courageux anonyme se demande si mon précédent écrit était plus une blague qu'un blog. Non, je persiste et signe (moi!). Il ne comprend pas ? Il n'est sans doute pas un auteur. Est-il éditeur ou bibliothécaire ? Peut-être. Oui, les bibliothécaires achètent les livres aux éditeurs qui reverseront donc leur part à l'auteur. Les dits bibliothécaires vont prêter les livres à de nombreux lecteurs. Là, l'auteur ne touche plus rien. Un droit proportionnel au nombre de prêts est-il versé aux auteurs ? Non, au nom de ce droit gratuit à la culture. Ces milliers de lecteurs n'achèteront pas le livre. Manque à gagner...

Les éditeurs ne soutiennent pas le droit d'auteur. Les âpres discussions autour de maigres pourcentages (j'en ai connu) ne témoignent pas du désir des éditeurs à faire vivre ceux qui les nourrissent. Si les maisons d'éditions possèdent de somptueux immeubles, c'est que la profession est lucrative. Peu d'auteurs pourraient se payer ne serait-ce qu'un bureau de ces immeubles. Les éditeurs ne défendent pas le droit d'auteur, ils ne font que l'accepter.
Certains éditeurs (sic) n'hésitent pas à exiger que le premier mille exemplaires ne donne droit à aucun droit. C'est illégal ? Pourtant de jeunes auteurs ou de vieux universitaires, trop heureux d'être publiés, auront signé. La pratique est courante. L'éditeur (sic), remboursé de sa mise de fond ne cherchera pas à promouvoir l'oeuvre, comme la loi le lui impose, mais cherchera plutôt de nouvelles proies.

La culture est un droit. Mais les auteurs ont le droit de vivre. A la fleur du grand âge, ce révolver sur la tempe, je le crains toujours. A bientôt.

1 Comments:

At 11:34, Anonymous A. Nonyme said...

"Les dits bibliothécaires vont prêter les livres à de nombreux lecteurs. Là, l'auteur ne touche plus rien. Un droit proportionnel au nombre de prêts est-il versé aux auteurs ? Non, au nom de ce droit gratuit à la culture"

Re-bonjour,

Je ne saurais trop vous suggérer la lecture de ce petit résumé :
http://www.droitdepret.culture.gouv.fr/

"Qui bénéficie de la rémunération au titre du droit de prêt ?

L'ensemble des sommes perçues par l'organisme de gestion du droit de prêt est réparti en deux parts : l'une est versée directement aux ayants droit, auteurs et éditeurs ; l'autre est versée à la caisse désignée pour gérer la retraite complémentaire des écrivains et des traducteurs.

Auteurs et éditeurs (rémunération pour le prêt)

* Une part des sommes collectées (au minimum 50%) est répartie entre les ayants droit
* La répartition est calculée sur la base des exemplaires achetés chaque année par les bibliothèques de prêt
* Elle est partagée à parité entre l'auteur et l'éditeur

Auteurs (régime de retraite complémentaire)

* Une part des sommes collectées est affectée au financement d'un régime de retraite complémentaire pour les écrivains et traducteurs
* Par la prise en charge d'une fraction des cotisations dues par les écrivains et traducteurs affiliés (cette fraction est plafonnée à 50 % des cotisations dues).
* Son montant, fixé par décret, ne peut excéder 50% du total des sommes collectées au titre du prêt en bibliothèque"

Nous voyons par conséquent qu'un droit proportionnel aux livres achetés est reversé aux auteurs - système plus équitable qu'un droit proportionnel au nombre de prêts, lequel favoriserait systématiquement les auteurs les plus "vendeurs" qui n'ont guère de soucis à se faire quant à leur "droit d'en vivre". Les auteurs sont par ailleurs nombreux à reconnaitre les effets positifs des bibliothèques, mais ceci est un autre débat.
Tous les documents des bibliothèques sont concernés par les réglementations des droits de prêt, à l'exception des disques compacts.

La gratuité de la culture (ou la culture de la gratuité) est un vaste débat... inutile d'y ajouter des provocations façon point Godwin.

Sur ce, bon dimanche à vous.

 

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