samedi, octobre 08, 2005

café philo

D'abord réticent, j'ai accepté d'aller hier soir faire un tour au café philo de Montrouge. J'ai passé une excellente soirée. D'autant plus que mon petit ego fut satisfait puisqu'on a débattu du sujet que j'avais proposé; une phrase de Henry David Thoreau dont je me nourissais depuis ma pré-adolescence : "Si je ne suis pas moi, qui le sera?"
Il y a eu du bon, du moins bon et du pire. Les assistants se sont trop focalisés sur la première partie de la phrase et ont tourné en rond sur le "MOI", essayant de le définir, d'en cerner les limites.
Ce n'était pas le sujet.
Une assistante hospitalière parla des dérives du moi, une autre du clonage, un autre de la liberté intérieure de chacun, un autre des drogues. On évoqua l'influence du conditionnement social, des parents, des amis, des rencontres, de l'éducation... On cita Le MOi est haïssable, Je est un autre, etc. On appela lieux communs et idées reçues à la rescousse. S.O.S. sentiers battus !
Ce n'était pas le sujet
Un apprenti philosophe décida que la phrase était égoïste, ce qui était vrai en un certain sens mais pas dans celui qu'il pensait. Il dériva sur le moi en société, dans un syndicat ou une équipe de foot, dans un parti politique. Il ne respectait pas les règles de prise de parole, coupait sans arrêt la parole à celui qui l'avait légitimement. L'animateur devait rappeler à l'ordre ce perturbateur qui était plus café que philo.
Or le vrai sujet était : "Qui le sera ? "La première partie de la phrase ne servait qu'à introduire le débat essentiel. A vous de répondre si vous le pouvez.
Ce petit récit pour aboutir à une constation. En règle générale des réponses peuvent paraître excellentes, le seul reproche que je leur adresse est de passer à côté de la question. Je repense à la prestation de M. Galuzeau (de Villepin) à la télévision, interrogé par Arlette Chabot que j'apprécie. Une bonne présence, beaucoup de lyrisme, une envolée patriotique qui se croyait gaullienne et qui n'était que chiraquiste.
Mais peu de réponses précises. N'en avait-il donc pas? Il rejetait des décisions qu'on aurait souhaité immédiates dans un avenir rendu flou par un verbe flamboyant qui cherchait à convaincre.
" Nous allons..."servait de programme (présidentiel ?) J'ai déjà souligné cette méthode dilatoire, cette échappatoire. Cette émission "Voyage vers le futur"m'a déçu. Etait-ce une pré-présidentielle ? Sera-t-elle comptabilisée dans les temps de parole des candidats ? Villepin n'a donné aucune vraie réponse.

Ce n'était sans doute pas le sujet.

3 Comments:

At 12:22, Anonymous philophenomene said...

Le problème avec la philo, c'est qu'il est hasardeux de la laisser dans les mains des "philosopheux" : cela peut devenir très vite un déversoir de frustrations, rancoeurs et règlements de compte, ainsi qu'un prétexte à dire : "moi, je".

Mais l'ego est un jeu... Les générations de gamins qui ont construit la maison de leurs rêves avec ces briquettes ne me contrediront certainement pas !

En ce qui me concerne, je préfère rester sur mon quant-à-moi... parce que, d'après cet article, Jean-Claude, la philo à Montrouge, c'est fort de café !

 
At 12:34, Anonymous A Barker said...

Je suis elle/lui ; vous c'est moi ; le nous c'est tout un ensemble.
post scriptum :
De Villepin etait honteux devant des questions posees si elegament par certains de ses interlocuteurs.

 
At 15:20, Anonymous Anonyme said...

Monsieur Deret,

J'étais présente à ce café philo et je me souviens vaguement,malgré le temps passé de ce qui a été dit sur votre sujet.

En particulier, de la reflexion que j'ai eu ou plutôt de l'absence de reflexion possible.Pour moi, c'est pas hors sujet , c'est un non-sujet.Qui le sera ? Evidemment personne, et après ???
J'ai tenté vainement de vous faire approfondir votre pensée mais vous restiez figé sur cette citation.Alors ...

Quand à critiquer le niveau des interventions des autres, leur propos et la forme qu'ils prennent, je trouve cela très bas et bien peu tolérant ( surtout quand on prétend avoir passé une bonne soirée au dépend des autres !)
Pour fréquenter ce café depuis 2 ans, j'y apprécie justement la simplicité, l'humanité et la tolérance qui s'en dégage.C'est justement parce qu'il n'est pas pris d'assaut par des pseudo intello monopolisateur de paroles abrutissantes, qu'il est intéressant et constitue un espace de parole priviligié, ou chacun, donc moi aussi, peut s'exprimer avec ses mots, ses pensées. Et je trouve les idées de mes voisins montrougiens bien plus constructives que celles des soi-disants philosophes de pacotilles !!

 

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