mardi, avril 25, 2006

Presque rien

Bien sûr, on ne se faisait aucune illusion. Le Funambule et les interprètes de "Samuel dans l'île" étaient ravis d'avoir obtenu une nomination aux Molières. C'était inespéré, ça ne s'était pas vu depuis 20 ans. Une Petite scène de Paris allait rivaliser avec les Grandes. Nous ne comptions pas sur un Molière. Mais après une saison à vrai dire maussade, c'était un merveilleux moyen de promotion. Rendez-vous compte : quel espace publicitaire. Et gratuit ! Nous n'avions pa pu nous payer de superbes affiches dans le métro ou sur les colonnes, pas de placards publicitaires dans les magazines, pas d'interviews people fracassantes. Mais dix millions de spectateurs allaient savoir que Le Funambule existait et qu'on y jouait ( bonjour la modestie ! ) de bonnes pièces. Dix millions de téléspectateurs pouvaient devenir dix millions de spectateurs de théâtre. De spectateurs pour le Funambule.
A condition qu'ils ne viennent pas tous le même jour.
Mais, hier soir, le théâtre a été étouffé par la télévision, relégué au second plan. Il ne devenait plus qu'un prétexte pour un show. Caméras, câbles et oreillettes pour tous... La chaleur du discours direct, de la communication entre acteurs et spectateurs disparaît. Et voilà qu'une comédienne (? ) se trompe d'enveloppe, annonce le lauréat avant d'annoncer les postulants.
Se reprend-elle ? S'excuse-t-elle ? Non, la bécasse pouffe derrière sa main, comme une débutante. Son partenaire ne dit rien, pas plus que la présentatrice télé. La régie, paraît-il, leur avait ordonné de continuer. Et l'espace publicitaire espéré s'obscurcit. Le nom du théâtre le Funambule ne sera pas prononcé.
Que s'est-il passé ? Presque rien.

Bravo, Mademoiselle ! Grâce à vous, hier soir aux Molières, on a assassiné un théâtre.

12 Comments:

At 11:49, Anonymous soubimuf said...

Effectivement, l'incident d'hier soir était une vaste fumisterie et un manque de respect total pour tous les aspirants au Molière. le show télé a primé sur la reconnaissance du travail. Cependant, rien n'empechait le lauréat de rectifier le tir et d'avoir une pensé pour ses co-nominés...
cette cérémonie des Césars de seconde zone de restera pas dans les anales.

 
At 15:15, Anonymous Anonyme said...

Personnellement j'en suis très triste, mais la flèche du temps est (malheureusement ?) unidirectionnelle, et je n'y peux rien. Ceci dit, rien ne m'empêchera de continuer de vous faire de la publicité à mon petit niveau. La pièce est un petit bijou ! (PS, je ne reste "anonyme" que parce que non habituée à ce type d'intervention.)

 
At 20:26, Anonymous la belge said...

J'ai aussi été très décue de la présentation, j'attendais avec impatience la présentation de la pièce que j'ai adorée. Mais les deux présentateurs ont été en dessous de tout. Du reste après cette bévue, j'ai carrément coupé l'émission.
Jean-Claude je penses à toi et te dis encore toute mon admiration pour ta pièce.

 
At 20:27, Anonymous la belge said...

J'ai aussi été très décue de la présentation, j'attendais avec impatience la présentation de la pièce que j'ai adorée. Mais les deux présentateurs ont été en dessous de tout. Du reste après cette bévue, j'ai carrément coupé l'émission.
Jean-Claude je penses à toi et te dis encore toute mon admiration pour ta pièce.

 
At 01:51, Anonymous philophenomene said...

Puisque tout le monde avait des oreillettes, qu'a fichu la régie lorsqu'elle a entendu Didier Sandre dire : "le Molière est attribué à..." ? Elle pouvait dire "stop" ou "attention, les 5 autres" ou tout autre avertissement choisi par convention avant la cérémonie. Elle avait le temps, le pouvoir et les moyens. Elle ne l'a pas fait. Mais pire, les deux comédiens ont bêtement obtempéré aux diktats de la régie. Ils ont simplement validé la soumission monde théâtral aux critères d'une télé-amidon. Pourtant, ils étaient en direct : rien ne les empêchait de décider la rectification de leur erreur, d'improviser un rattrapage... Ils auraient pu... Ils auraient dû !
Le théâtre aurait gardé sa dignité et la télé s'en serait sortie grandie... et humaine.
Et je suis d'accord avec Soubimuf : le lauréat a failli à son "devoir de solidarité" en ne saluant pas ses concurrents oubliés.
Ce n'est vraiment pas beau à voir, la paralysie pétocheuse face à la machine à penser !
Jean-Claude, Sonia, Jean-Marc, Yvon, Liviu/Nicolas/David (les violonistes), Nils, Mélanie, Marie-Hélène, Margaret... je vous décerne le Molière d'amour.

 
At 09:24, Anonymous philophenomene said...

Je voudrais aussi dire à Soubimuf que dans "annales", il y a 2 "n"... Lorsqu'il n'y en a qu'un, c'est que, vulgairement comme on dit, on l'a dans l'c...

Si c'est de l'humour involontaire, l'image est néanmoins parlante pour ceux qui n'ont pas été cités !

 
At 10:39, Anonymous Carmelo said...

Bonjour Jean-Claude, comme l'a dit un comédien récompensé pour le TNB, je crois, à la fin de son mot sur le nouveau régime intermittent du spectacle : "...(ne pas)...se soumettre au : Il FAUT BIEN..."
Les deux annonceurs de nominés ont fait preuve de soumission au "IL FAUT BIEN", ainsi que l'équipe impliquée...
Dommage et désolant.

 
At 12:03, Anonymous soubimuf said...

l'humour était volontaire, peut etre aurais je du marquer plus fortement mon jeu de mot...
ce sera pour la prochaine fois.

 
At 09:12, Anonymous terrasseentchat said...

Je veux me rendre sur le mien mais le menu se déroule et j'attrape frou-fou et je m'y promène et je suis attirée par bretonne et jupe alors je clique et tombe sur Molière puis parcours laissant mes yeux agir et tombe sur anale et ma bouche se fend de rire trop bien fait !
je vous dis bonjoureuh

 
At 17:02, Anonymous Anonyme said...

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At 16:12, Anonymous Anonyme said...

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At 16:39, Anonymous mike said...

je suis un peu rester sur ma fin..
Mais bon c'était bien quand meme!

 

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